
La Région bruxelloise promet un monument permanent pour les victimes du climat
La secrétaire d’État bruxelloise Ans Persoons, compétente pour le Climat et la Rénovation urbaine, a promis cet après-midi qu’un monument permanent serait érigé près du quartier européen pour commémorer les victimes de la crise climatique dans le monde entier. Elle a fait cette promesse lors d’une cérémonie le 15 juillet, proclamée Journée européenne de commémoration pour toutes les victimes de la crise climatique mondiale. Une coalition d’organisations de la société civile et de mouvements climatiques a organisé une commémoration pour les victimes, alors que la « bombe d’eau » fête son triste cinquième anniversaire. En 2021, au moins 243 personnes sont mortes lors de diverses inondations à travers l’Europe, dont au moins 41 Belges dans la région de Verviers et Pepinster.
Des proches et des survivants des récentes catastrophes climatiques belges ont témoigné de l’impact durable des inondations de 2021 sur leur vie quotidienne. L’architecte paysagiste Bas Smets, qui a pris contact de sa propre initiative pour soutenir l’action climatique, a présenté un prototype de ce qui deviendra plus tard le monument permanent. Les activistes ont clôturé la cérémonie par une installation symbolique de sacs de sable et de gilets de sauvetage, accompagnée d’une banderole portant l’inscription « Words don’t stop floods » (les mots n’arrêtent pas les inondations). Ils appelaient ainsi les responsables politiques présents à agir plus fermement et à adopter des mesures plus structurelles pour prévenir de futures catastrophes climatiques, tout en honorant les victimes.
La banderole et les sacs de sable avaient déjà voyagé depuis une cérémonie organisée vendredi dernier, également en collaboration avec le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté. Celui-ci, aux côtés des habitants des zones sinistrées de Verviers et Pepinster, appelle depuis longtemps à des mesures de prévention et d’adaptation plus fortes.
Christine Mahy, secrétaire générale du réseau wallon de lutte contre la pauvreté, a témoigné : « Fallait-il la crise du Covid, fallait-il les inondations, faut-il maintenant la canicule pour comprendre que la crise climatique et ses conséquences sont des crises sociales ? Qui est fragilisé aujourd’hui par de mauvaises conditions de logement ? un accès limité à l’éducation ou l’absence d’emploi, court demain un risque bien plus grand de mourir à cause d’une canicule ou d’une inondation ? Si nous continuons à prendre des mesures qui mettent les gens sous pression et les excluent de plein droit, nous les rendons vulnérables à la crise climatique ; nous en faisons des victimes potentielles, qui mourront ou dont la vie deviendra invivable. »

Crise après crise, la preuve est faite une fois de plus : ce n’est pas le fruit du hasard, mais l’absence d’une politique efficace.
La cérémonie s’est déroulée dans le Jardin de la Vallée du Maelbeek, à proximité de la Commission européenne et des bureaux du Conseil européen, alors que l’Europe connaît une deuxième canicule consécutive. La première canicule a battu des records de chaleur inédits et a déjà causé une surmortalité de 1 747 personnes en Belgique, dans le cadre d’une surmortalité totale estimée à au moins 14 000 personnes, ce qui en fait l’une des catastrophes climatiques les plus meurtrières que le continent européen ait jamais connues. Christine Mahy, secrétaire générale du réseau wallon de lutte contre la pauvreté, avait déjà dénoncé le manque de mesures politiques structurelles pour protéger les groupes de population vulnérables face aux canicules, alors que celle-ci s’est révélée, en chiffres, encore plus meurtrière que le début de la crise du Covid-19, il y a environ six ans.
L’architecte paysagiste Bas Smets a déclaré
« La plupart des monuments ne sont érigés qu’une fois qu’un événement donné est déjà terminé ou devenu de l’histoire, mais ce monument attire l’attention sur une tragédie qui, aujourd’hui encore, continue de se produire et d’évoluer. Nous voulions traduire les chiffres abstraits des graphiques sur les catastrophes climatiques mondiales et leurs victimes en quelque chose de physique et de tangible. Avec cette œuvre, composée de couches géologiques récupérées et conçue dans le respect de son environnement, nous offrons un lieu où se souvenir et se rassembler pour les victimes des catastrophes climatiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Ce n’est pas un monument statique. L’œuvre évolue comme une archive vivante : elle s’enrichit d’une couche pour chaque année où aucune action n’est entreprise et où la crise climatique telle que nous la connaissons aujourd’hui se poursuit. Le monument a été conçu comme un lieu sûr au cœur de la ville, pour la commémoration, la réflexion et la rencontre. »
Benjamin Van Bunderen Robberechts, fondateur de « Climate Justice for Rosa », déclare
« Il y a cinq ans, à quatorze ans, ma vie a changé pour toujours : l’eau nous a surpris et a arraché à Rosa sa jeune vie. J’ai appris par la suite que plusieurs scientifiques nous avaient avertis de ce type de scénario exact plus de quarante ans auparavant, tandis que les décideurs n’ont délibérément rien fait de cette information cruciale. Aujourd’hui, alors que les catastrophes climatiques ne cessent d’augmenter en fréquence et en intensité partout dans le monde, nous n’avons plus d’excuses. Avec ce monument, nous obligeons les décideurs, les politiques et les responsables politiques à regarder la réalité en face : tout en veillant à ce que les victimes ne soient jamais oubliées, nous rappelons à nos dirigeants leur responsabilité ultime : protéger leurs citoyens. »
Passer des paroles aux actes, il est temps !
Un monument pour la commémoration, la réflexion et le lien est nécessaire. Mais ce n’est pas un plan structurel.
Dans les zones sinistrées le long de la vallée de la Vesdre, la reconstruction n’avance que par étapes. Cinq ans après la catastrophe, il n’existe toujours pas de plan politique.
Ce plan ne doit pas se limiter à la réparation. Il doit garantir que cela ne se reproduise plus. Et il doit assurer que ceux qui ont tout perdu ne soient pas laissés seuls dans leur reconstruction.
Nous remercions le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke, pour sa présence, ainsi que la secrétaire d’État Ans Persoons et Veronika Hunt Safrankova, représentante bruxelloise du Programme des Nations unies pour l’environnement. Nous les remercions pour leurs paroles prononcées sur scène hier. Nous, en tant que société civile, restons quant à nous engagés en faveur d’un plan comportant des actions concrètes contre le changement climatique, qui fait aujourd’hui de plus en plus de victimes partout dans le monde.
Nous attendons désormais des actes. Un plan ambitieux qui prévienne les catastrophes futures et n’abandonne personne.
Les victimes de la crise climatique méritent plus qu’un hommage. Elles méritent un plan.
La cérémonie était une initiative de Climate Justice for Rosa, soutenue par Oxfam Belgique, la Coalition Climat, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, Amnesty International et Greenpeace. Depuis 2023, le 15 juillet est reconnu comme la Journée européenne de commémoration des victimes de la crise climatique mondiale, une date choisie délibérément pour coïncider avec l’anniversaire des inondations européennes de 2021.
Porte-parole : Benjamin Van Bunderen Robberechts, organisateur, Climate Justice for Rosa : ora@pyvzngrwhfgvprsbeebfn.bet
Nadia Cornejo, vice-présidente, Coalition Climat (FR) — apbearwb@terracrnpr.bet
Kiki Berkers, porte-parole politique, Coalition Climat (NL) — Xvxv.Orexref@11.or


