Nous proposons des solutions concrètes pour construire un avenir sûr et sain au regard de la crise climatique.
Nous demandons aux responsables belges et européens d’oser regarder la vérité en face et d’agir en conséquence pour nous conduire collectivement à un monde où l’opportunité d’avoir une vie heureuse, de pouvoir combler sa famille avec un poste de travail confortable, de se nourrir d’aliments sains, d’être en bonne santé, de vivre dans un environnement agréable, et dans un monde où la coopération et la durabilité sont au cœur des préoccupations.
Nadia Cornejo, Vice-présidente de la Coalition Climat.
Revendications pour la Marche-Climat 2025
La Belgique a soif d’investissements dans le climat et dans la société
Encore une canicule historique. Encore une Europe qui brûle. Encore l’inquiétude devant le niveau des eaux. Et toujours: encore un hiver que trop de nos concitoyens devront passer dans une maison mal isolée, dans un bus bondé, dans un quartier où l’air est pollué.
Notre pays a besoin d’une vague d’investissements sociaux et durables. Pourtant, les plans climatiques de nos gouvernements restent dramatiquement insuffisants. Les coupes dans l’aide climatique internationale sont une véritable honte, les budgets pour une vague de rénovations sociales restent dérisoires, et les moyens pour une nature en bonne santé sont introuvables.
Chaque dixième de degré compte. Chaque euro compte. Et pendant ce temps, nous continuons de choyer les grands pollueurs et la Belgique dépense chaque année des milliards d’euros en subventions pour les énergies fossiles.
Pire encore : les timides progrès de ces dernières années sont aujourd’hui menacés de manière inédite. En Europe, des intérêts industriels à courte vue mènent l’offensive contre les politiques climatiques et environnementales. Des avancées cruciales pour une planète viable sont de nouveau menacées – avec le soutien ou le silence de la Belgique. Un tel recul serait catastrophique
Notre pays, comme l’ensemble du continent, a les ressources et les compétences pour faire mieux : empêcher la planète de s’embraser davantage et veiller à ce que les épaules les plus solides portent les charges les plus lourdes. La trajectoire actuelle est inacceptable.
Six revendications:
Belgique, il est temps d’une véritable ambition climatique
La Coalition Climat marche pour réclamer que la Belgique respecte son engagement de respecter l’Accord de Paris et qu’elle se conforme à la décision des juges dans l’Affaire Climat. Alors que le temps joue contre nous, nous souhaitons que notre pays protège ses citoyens et assure un avenir viable pour toutes et tous. Cela passe par l’adoption d’objectifs ambitieux, traduits et implémentés dans des mesures concrètes à l’échelle national, européen et international :
- En Belgique, les gouvernements doivent réaliser une réduction de 55% de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES° d’ici 2030, conformément à la décision des juges dans l’Affaire Climat. Cet objectif de – 55% doit être le seuil de l’ambition contenue dans le Plan-national Energie Climat (PNEC) qui doit être établi le plus vite possible puisque notre pays est en retard depuis juin 2024.
- A l’échelle européenne, lors des prochaines réunions des ministres du climat au Conseil ENVI, la Belgique doit soutenir l’objectif de réduire de -90% les émissions de GES européennes d’ici 2040.
- A la COP 30 au Brésil, nous attendons que la Belgique s’asseye à la table des négociations avec une position forte qui vise à réduire drastiquement la courbe des émissions mondiales. Le travail à abattre est conséquent et doit être résolu de manière collective, ce en fixant d’abord un objectif fort pour 2035 en tant qu’Union européenne et en contribuant à hauteur de notre juste part au financement climatique international.
Une transition juste comme pierre angulaire de la politique climatique
Le plan climatique belge manque aujourd’hui d’une stratégie claire pour une transition juste. C’est problématique : celles et ceux qui contribuent le moins à la crise climatique – comme les personnes en situation de pauvreté – en subissent les conséquences les plus graves. Les inégalités, le genre, le racisme et d’autres formes de discrimination accentuent encore cette vulnérabilité. À l’échelle mondiale également, les pays à faibles revenus sont très peu responsables de la crise, mais ils en subissent les effets les plus lourds, comme les inondations et les sécheresses.
Une transition juste est donc indispensable. Elle doit garantir que le passage vers une société climatiquement neutre ne se traduise pas par davantage d’inégalités, mais qu’il offre au contraire de nouvelles opportunités. Cela nécessite une politique climatique socialement juste et la participation active des groupes qui sont aujourd’hui trop souvent laissés de côté.
Cela implique notamment :
- Un plan d’emploi et de formation pour les travailleurs, vers des emplois verts et décents ;
- Veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte, par exemple en investissant massivement dans les transports publics abordables et efficaces, dans des logements sociaux économes en énergie et dans des programmes collectifs de rénovation ;
- S’attaquer aux causes des inégalités et de la pauvreté via, entre autres, une fiscalité équitable et progressive, l’éducation, l’emploi, le logement et les soins de santé ;
- Une finance climatique internationale où les épaules les plus solides portent les charges les plus lourdes, afin que les pays à faibles revenus puissent réellement faire face à la crise climatique.
Supprimer les subventions aux énergies fossiles
L’élimination progressive des 15 milliards € de subventions aux énergies fossiles est cruciale pour réussir la transition climatique. Chaque année l’argent public est dépensé à alimenter le problème plutôt qu’à être orienté solution. Car aujourd’hui les milliards sont orientés vers le problème plutôt que vers les solutions. Des prix avantageux pour le gaz et le pétrole pour l’industrie d’environ 4 milliards pour l’industrie, un autre 4 milliards dans les voitures de société et les cartes de carburants, des exonérations d’accises pour le kérosène et le transport maritime à hauteur d’un 1 milliard €. Les leviers d’actions sont clairs, il s’agit maintenant de les saisir.
Nous appelons la Belgique à :
- Een wettelijk verankerd afbouwpad van fossiele subsidies, met beschermingsmaatregelen voor kwetsbare groepen.
- Lutter contre les nombreuses exceptions et les subsides aux énergies fossiles dans les taxes sur l’énergie
- Supprimer les niches fiscales telles que les voitures salaires en prévoyant une rémunération équivalente.
Des leviers fiscaux équitables : le grand pollueur paie!
Nous demandons une réforme fiscale qui applique le principe du pollueur-payeur et qui fasse contribuer les épaules les plus larges à leur juste part pour générer les moyens nécessaires pour investir dans la transition. Nous demandons notamment :
- La mise en place d’un taux effectif minimum d’impôt des sociétés, et un mécanisme permanent de taxation des surprofits des entreprises fossiles, qui pourrait notamment servir à financer les pertes et dommages des communautés les plus touchées par le dérèglement du climat et à isoler les maisons des personnes les plus précaires.
- Un renforcement de la progressivité de l’impôt, ainsi qu’une globalisation des revenus (salaires, revenus du patrimoine, etc.), et qu’une exonération des bas revenus.
- Un impôt sur la fortune efficace appliqué aux grandes fortunes.
- La mise en place d’une taxe sur les voyages en avion récurrents.
- Faire dépendre l’obtention d’avantages fiscaux et autres subsides pour les entreprises à l’adoption d’un plan climatique aligné avec l’Accord de Paris et un plan de transition juste négocié avec les travailleurs et travailleuses.
Protéger les règles qui protègent les personnes et la nature
Les autorités européennes, belges et régionales s’attaquent à des législations cruciales : de la protection des zones naturelles et l’interdiction prévue des PFAS (« polluants éternels »), à la transparence sur les politiques environnementales et sociales des entreprises.
Des lois essentielles pour la protection des droits humains, du climat, de la biodiversité et de la santé publique sont affaiblies, retardées ou même supprimées, sans véritable débat public ni transparence. Pendant que les pollueurs bénéficient de portes grandes ouvertes, l’espace accordé aux citoyens et à la société civile ne cesse de se réduire.
Ce que l’on présente comme une “simplification” est en réalité un choix politique qui privilégie le profit au détriment du bien-être. Et le prix à payer est lourd : une action climatique ralentie, des droits sociaux en recul, plus d’inégalités et moins de démocratie. Pendant ce temps, les entreprises durables, elles, réclament des règles claires et stables.
Personne ne sort gagnant de ce démantèlement – sauf un petit groupe d’acteurs qui s’accrochent coûte que coûte à des modèles fossiles dépassés. La Belgique doit, avec d’autres États membres, stopper cette dérive.
- La législation européenne doit s’appuyer sur les meilleures connaissances disponibles, sur des procédures transparentes et sur la participation des parties prenantes, et non sur des négociations opaques à huis clos.
- Établir des règles qui fonctionnent dans la pratique : fournir des explications claires, garantir un contrôle suffisant et associer les citoyens, les syndicats et les organisations de la société civile à l’élaboration des politiques.
- Ne pas choisir la dérégulation, mais des lois qui protègent les personnes et l’environnement : avec des règles solides en matière de sécurité sociale, de droits des travailleurs, de climat et d’environnement, de vie privée, d’égalité de traitement et de santé. Assumer également la responsabilité des dommages causés hors d’Europe – tels que la pollution liée à l’exploitation minière ou les substances toxiques qui affectent d’autres pays.
- Veiller à ce que les entreprises soient tenues responsables : rendre les règles plus transparentes, faciliter l’accès des victimes à la justice et lutter fermement contre les abus.
Faire de la nature une alliée
La lutte contre la perte de biodiversité est un levier essentiel pour limiter le dérèglement climatique, atténuer ses effets et relever les autres grands défis sociétaux qui y sont associés sur le plan socio-économique, de la santé mais aussi de l’alimentation. Pourtant chez nous, moins de 5% des espaces naturels sont en bon état écologique et les moyens pour restaurer la nature fondent comme neige au soleil.
- Nous appelons les pouvoirs publics à investir dans la nature, notre meilleure alliée face au dérèglement climatique. Des investissements publics sont nécessaires pour restaurer et protéger 30% des espaces terrestres et marins de notre pays. Afin de limiter les pressions qui pèsent sur la nature et l’empêche de réaliser tout son potentiel, il faut également limiter l’artificialisation des sols, et soutenir les agriculteurs dans leur transition vers une agriculture plus respectueuse de la nature.
- Le droit à la nature doit être garanti en assurant un accès à la nature pour toutes et tous selon la règle des 3-30-300 (voir 3 arbres depuis chaque habitation, 30% de canopée par quartier, un espace vert à moins de 300 mètres).
Marcher, ça marche!
Grâce à votre présence, votre persévérance, nous avons le poids pour encourager et exiger des décisions politiques fortes dans tous les secteurs concernés et pour chaque situation.
Sans nos efforts communs, sans vous à La MARCHE CLIMAT cela ne marcherait pas !
MERCI POUR VOTRE PRESENCE !
Et après…
Les organisations membres de la Coalition Climat
- se chargent de relayer vos messages,
- travaillent toute l’année à suivre les dossiers,
- à solliciter des entrevues auprès des responsables politiques de tous les niveaux.
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